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Presse néerlandaise du vendredi 30 juillet 2010

LES GRANDS TITRES :

- Trouw (chrétien progressiste) : Wilders à la table de négociation
- De Volkskrant (centre gauche) : Un gouvernement minoritaire avec le PVV est une option sérieuse
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : la France choquée par la découverte de cadavres de nouveaux-nés
- De Telegraaf (populaire) : Le ministère public pourrait décider de fermer des sites internet

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ACTUALITE INTERIEURE

Immigration Retour à la table des matières

Sous le titre « Mais où sont les immigrés déshérités ? », M. Han Entzinger, professeur à l’Université Erasme de Rotterdam, spécialisé sur les questions d’immigration et d’intégration, a publié hier soir dans le NRC-Handelsblad une tribune où il s’efforce de montrer, chiffres à l’appui, que cette catégorie « volontiers évoquée par le VVD et le PVV est en réalité un problème qui n’existe plus. Durant la période relativement courte située entre 2000 et 2007, le nombre d’immigrés venant s’installer aux Pays-Bas est passé de 45.000 à 26.000 par an. Cela est principalement dû à une forte baisse du nombre des demandeurs d’asile et à une politique de regroupement familial plus sévère. En revanche, le nombre d’immigrés originaires d’autres pays européens est passé de 26.000 à 43.000 par an, principalement du fait de l’élargissement de l’UE. Une étude des flux migratoires en fonction de l’origine ethnique montre des changements importants. Si l’on considère les Turcs, les Marocains et les Surinamiens, de loin les trois groupes les plus importants aux Pays-Bas, en 2000, 14.500 personnes se sont installées ici, contre 8000 seulement en 2007. Le chiffre suivant est encore plus étonnant : en 2000, 5000 Turcs, Marocains ou Surinamiens ont quitté les Pays-Bas et en 2007, 11.500 (…) D’où viennent donc tous ces immigrés déshérités que le VVD et le PVV voient affluer aux Pays-Bas ? Si l’on répartit les flux en fonction du motif de leur migration, le résultat est tout aussi instructif. En 2000, 34.000 personnes sont entrées au Pays-Bas au titre du regroupement familial ; ce chiffre est descendu à 25.000 en 2007. En revanche, durant la même période, le nombre de personnes immigrant aux Pays-Bas pour y travailler est passé de 19.000 à 32.000 par an. Sur les 50.000 permis de travail accordés en 2007, 85% l’ont été à des ressortissants de nouveaux Etats membres, contre 15 % seulement à des non Européens. Il serait possible d’imposer des limitations à cette dernière catégorie, mais il ne faut pas oublier qu’elle se compose aux deux tiers de main-d’œuvre indispensable ou de salariés hautement spécialisés originaires d’Inde, des Etats-Unis ou de Chine. Bref, où est le problème et qui veut-on empêcher de venir en mettant en place une politique d’immigration plus stricte ? (…) Les groupes d’immigration classique, souvent considérés comme problématiques, montrent une tendance majoritaire au retour et la politique en faveur de l’immigration de personnel hautement qualifiés donne des résultats positifs. L’immigration en provenance du reste de l’UE a fortement augmenté, particulièrement en provenance de Pologne, mais il s’agit d’une population active, dont on prévoit que la majorité va repartir. Un nouveau gouvernement ne pourra de toute façon pas y changer grand-chose, sauf à décider de sortir de l’UE. (…) Je n’arrive pas à croire que ceux qui négocient au Binnenhof ignorent ces chiffres. Ils sont aisés à trouver dans toutes sortes de publications officielles ».

Logement social Retour à la table des matières

Le Volkskrant consacre un grand article aux difficultés d’obtenir un logement social dans les grandes villes. Dans beaucoup de villes un délai d’attente de 6, 7 ou même 10 ans est devenu normal. (Arnhem 10,6 ans – Almere 4,6 ans – Utrecht 6,5 ans – Amsterdam 7,3 ans). Les raisons sont multiples et diffèrent selon les villes. C’est ainsi qu’en 2007, il a été décidé de donner un permis de séjour à 27.000 demandeurs d’asile ; ce groupe a été réparti sur différentes communes des Pays-Bas et s’est ajouté aux bénéficiaires traditionnels de logements sociaux. Il faut y ajouter le prix d’achat très élevé des habitations- notamment à Amsterdam et à Utrecht -, la destruction dans les quartiers difficiles de logements sociaux en faveur d’appartements à acheter, la vente de logements sociaux par les corporations pour renflouer leurs caisses et le maintien de locataires dans un logement social malgré l’augmentation de leurs revenus. M. Harrie Bosch, conseiller du maire d’Utrecht, fait également mention de l’octroi d’un logement social pour des raisons d’urgence : en 2009 le taux de logements sociaux ainsi octroyés était de 35%, « non seulement à cause des demandeurs d’asile, mais également du fait de projets de construction de logements neufs et de destruction de logements anciens dont il faut reloger les occupants ». (VK p. 8 et 9)

Coalition Retour à la table des matières

Tous les journaux envisagent de plus en plus sérieusement l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire VVD - CDA avec soutien parlementaire du PVV.

Selon le Trouw, « Wilders se ferait un plaisir d’apporter son soutien à un gouvernement de centre droit. Le leader du PVV s’inspire de l’exemple du Dansk Folkeparti, qui, depuis 2001, a apporté son soutien aux coalitions minoritaires successives. (…) Avec une coalition minoritaire VVD-CDA soutenue par le PVV, il serait aisé de se mettre d’accord sur des objectifs partagés : pas de taxe kilométrique, maintien de la déduction fiscale des intérêts des emprunts pour l’achat de biens immobiliers, deuxième centrale nucléaire et davantage d’asphalte. Et sur les points où le VVD et le CDA ne sont pas d’accord avec le PVV (par exemple l’âge de la retraite), il ne serait pas nécessaire de trouver un accord laborieux. Le VVD et le CDA devront toutefois veiller à ce que le PVV ne soit pas trop libre d’exprimer ses critiques. Il faudra que ce parti appose sa signature en bas de l’accord de gouvernement, même s’il opte pour un simple soutien. Pour le PVV, la principale raison motivant son soutien à un cabinet de centre droit semble être d’empêcher le PvdA et l’élite de gauche tant honnie d’arriver au pouvoir. En outre, le fait que Wilders n’ait pas à fournir de ministres lui permet de se concentrer sur la préparation des élections provinciales de 2011 : le PVV a en effet des difficultés à trouver des candidats compétents ».

Nausicaa Marbe, dans le Volkskrant, rappelant « la rhétorique et le kitsch nationaliste du PVV », prédit que ses partenaires de coalition risquent de « marcher sur des œufs pendant quatre ans dans la crainte de déclarations incontrôlées (…) Au nom de Sa Majesté - il va y avoir du spectacle. »

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NÉERLANDAISE

Le Volkskrant et le Trouw suivent le débat sur les gens du voyage, respectivement sous le titre « Les gens du voyage en colère contre Sarkozy » et « Sarkozy fait preuve de fermeté vis-à-vis des gitans ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parues dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.