LES GRANDS TITRES
Trouw (chrétien progressiste) : Le vainqueur se retrouve seul
De Volkskrant (centre gauche) : Retour à la case départ pour la formation du gouvernement
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Et maintenant ?
De Telegraaf (populaire) : Echec de Paars plus.
ACTUALITE INTERNATIONALE
L’ancien ministre des Affaires étrangères (1982 – 1993), M. Hans van den Broek (CDA), explique dans une interview accordée au Volkskrant que « l’élection de Desi Bouterse à la présidence du Surinam va compliquer la relation avec les Pays-Bas ».
L’ancien chef de la diplomatie estime que « Maxime Verhagen (le ministre des affaires étrangères) a eu raison de parler de contacts fonctionnels : cela est également dans l’intérêt des Pays-Bas. Le travail doit être fait par les fonctionnaires et les diplomates, mais le ministre ne s’en mêle pas. La moitié de la population du Surinam est aux Pays-Bas et les contacts avec la population là-bas sont nombreux. Il ne faut donc pas couper les ponts, cela aurait des effets négatifs pour les populations des deux côtés ». Concernant l’immunité du Président du Surinam, M. van den Broek précise que « l’ancien ministre des Affaires étrangères Pieter Kooijmans, spécialiste de droit international, considère comme un fait l’immunité de Bouterse. C’est un grand spécialiste, mais j’ai entendu dire qu’il y a quelques experts qui ont d’autres idées sur les possibilités de voyager librement qu’aurait Bouterse ». M. Kooijmans, également interrogé par le Volkskrant, désapprouve la suggestion de l’ancien président de la Deuxième Chambre, M.Frans Weisglas, de ne pas entretenir de relations parlementaires avec le Surinam : « cela revient à dire, Surinamiens, votre gouvernement ne vaut rien. Cela est pédant. Bouterse a été démocratiquement élu. Les Pays-Bas peuvent tout au plus refuser de lui envoyer un télégramme de félicitations ».
ACTUALITE INTERIEURE
Tous les média annoncent depuis hier soir l’échec des négociations en vue de former une coalition Paars Plus. Les négociateurs des quatre partis concernés ont donné chacun une conférence de presse, où ils ont tous expliqué que « les partis ont sincèrement négocié ».
Le leader du VVD, Mark Rutte, a constaté que « tous les grands sujets ont été attrapés à bras le corps. Nous avons réellement essayé de trouver des solutions. Les divergences étaient trop grandes » toutefois sur la manière de réaliser des économies, particulièrement dans les domaines du logement et de la mobilité. Le VVD veut maintenant engager rapidement des négociations avec le CDA et le PvdA, conclut le Volkskrant.
Job Cohen, pour le PvdA, n’est « absolument pas tenté par un gouvernement VVD-CDA-PvdA », souligne le Volkskrant. « La seule variante qui recueille son assentiment serait VVD-PvdA-CDA-D66 et GroenLinks. Il se déclare « déçu » par l’échec de Paars Plus et remarque, « sans vouloir désigner un responsable », que le VVD a fixé un certain nombre de « repères » qui ont rendu - et rendront - tout accord impossible.
Au D66, Alexander Pechtold n’est pas disposé à rejoindre une coalition à cinq et se déclare « extrêmement déçu : la coalition violette était l’enjeu des élections pour le D66. Il était temps de mettre en place un gouvernement réformateur après des années de stagnation sous Balkenende. Mais les électeurs n’ont pas rendu la tâche facile ».
« Ce n’est un secret pour personne que je suis très déçue » a également commenté Femke Halsema pour GroenLinks. « La pilule est amère », estime le Volkskrant, « GroenLinks voulait gouverner, et plus particulièrement en période de crise économique. Avec Paars Plus vient d’échouer une des rares coalitions possibles pour les Verts ».
Le leader du PVV, Geert Wilders, s’est félicité hier de l’échec de négociations qui, selon lui, auraient abouti à un résultat « dramatique » pour les Pays-Bas. Il maintient sa demande de négocier avec le VVD et le CDA. « Le leader du CDA, Maxime Verhagen, a avancé son retour de vacances, relève le Volkskrant, qui rappelle que « pour l’instant il n’a encore pris part à aucune négociation » et que « son parti a été réduit de moitié à l’issue du scrutin du 9 juin ».
Le Telegraaf ajoute que « Rutte a invité hier le leader du PVV à une rencontre, mais celui-ci insiste pour que le CDA se joigne à la discussion. Dans les milieux chrétiens-démocrates, on envisage comme compromis possible de faire rédiger un projet d’accord au CDA et au VVD, après quoi les autres partis (dans la pratique le PVV) pourraient indiquer s’ils s’y reconnaissent. Cette procédure aurait l’avantage pour le CDA de parer un certain nombre d’exigences du PVV comme la taxe sur le foulard islamique et l’interdiction de construire des mosquées en mettant noir sur blanc ce qui serait souhaitable. Geert Wilders trouve que le VVD et le CDA doivent maintenant s’asseoir autour d’une table avec le ‘grand vainqueur des élections, le PVV. Sinon, il faudra rapidement organiser de nouvelles élections, et les électeurs pourront dire ce qu’ils trouvent de ces manigances’ ».
Dans le Trouw, Mme Carla van Baalen, directrice du Centre d’Histoire Parlementaire de l’Université de Nimègue, souligne que « le résultat des élections rend la formation d’une nouvelle coalition très complexe » et rappelle qu’en 1977 « il a fallu près de 7 mois pour constituer un gouvernement. (…) J’oserais dire que c’est le résultat le plus difficile depuis 1917. (…) Les différences idéologiques sont considérables. Les partis sont redevenus très reconnaissables, mais contrairement à ce qui existait dans le passé, leur électorat est devenu très instable. Le rôle joué par les instituts de sondage est également nouveau. Cette semaine j’ai écrit dans mon journal : ‘est-ce que Maurice de Hond ne pourrait pas aller faire autre chose’ ? On ne peut pas l’interdire, mais quel sens cela a-t-il ? Il y a un mandat donné par les électeurs il y a six semaines seulement, nos élus ne peuvent pas travailler dans ces conditions ! ».
Les réactions des syndicats CNV et VNO-NCW sont exposées rapidement dans le Trouw.
Le syndicat chrétien CNV trouve « décevant que la perspective d’une coalition Paars Plus soit écartée. Dommage que l’on n’ait pas pu constituer un gouvernement de gauche avec le VVD ». Le syndicat patronal VNO-NCW, de son côté, ne se montre « pas surpris du résultat : les différences étaient considérables ».Selon l’organisation patronale, relève le journal chrétien, « il serait raisonnable d’examiner une variante comprenant le VVD, le PvdA et le CDA ».
Les éditorialistes du Financieele Dagblad et du Telegraaf rappellent que « dans un contexte de crise économique, il faut trouver rapidement une coalition viable » et qu’il « est nécessaire d’avoir un nouveau gouvernement qui élabore un budget efficace ». « Rutte doit annoncer la couleur », insiste le journal d’affaires. « Jusqu’à présent, il a manœuvré habilement dans la formation et hier il a finalement étouffé la coalition Paars Plus honnie de ses électeurs. S’il veut conserver l’initiative, il va être contraint de répondre à la question de savoir si oui ou non il veut s’engager avec le PVV ».
« Les communes font trop peu pour les demandeurs d’asile », explique le Volkskrant, qui se fonde pour cela sur les déclarations du président de la Taskforce Thuisgeven (taskforce Logement), M. Ed Nijpels, chargé par le gouvernement d’étudier dans quels délais les demandeurs d’asile ayant obtenu un permis de séjour se voient proposer un logement. Plus de 5100 personnes avec un permis de séjour ont du attendre jusqu’à 7 mois dans un centre pour demandeurs d’asile avant d’obtenir un logement. M. Nijpels souhaite réduire cette période à 3 mois. L’Association des Communes néerlandaises (VNG) argue du manque de logements disponibles et des choix exprimés par les demandeurs d’asile pour expliquer ces délais.
AFFAIRES ECONOMIQUES
Fokker a signé mardi 20 juillet un contrat avec l’entreprise américaine Goodrich, qui est le fournisseur exclusif de Lockheed Martin pour les trains d’atterrissage du JSF. « Pour Fokker, cet accord est une bonne nouvelle », commente le Volkskrant. « Cette entreprise, qui a fait faillite il y a dix ans puis est entrée dans le groupe Stork et continue de travailler sous le nom de Fokker, prévoit que cette nouvelle commande donnera du travail à 20 spécialistes (ingénieurs) dans la région de Helmond (commune située à l’est du Brabant septentrional) et plus, à terme, si les pièces vendues pour le JSF sont également utilisées dans l’aviation civile ».
LA FRANCE DANS LA PRESSE NÉERLANDAISE
Le Telegraaf annonce à la une la grève des contrôleurs aériens : « les vacanciers qui veulent aller aujourd’hui ou demain en France, ou qui veulent survoler ce pays, risquent de voir leurs vols retardés ou même annulés ».
Sous le titre « Après le terrain de foot, la prison ? », le journal populaire expose « les escapades des footballers français Benzema et Ribéry. »
| Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parues dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas. |