"L’an dernier, deux juges se sont démis de leurs fonctions après avoir été surpris en état d’ébriété au volant", annonce le quotidien à grand tirage De Telegraaf. "Ils n’ont démissionné que lorsque le risque d’être licenciés devant la Cour de Cassation pour ’prévarication grave’ est devenu réel. C’est ce qu’écrit le procureur général de la Cour de Cassation, J.W. Fokkens, dans un commentaire sur le rapport annuel 2008."
"On ignore qui sont ces deux juges, dans quels tribunaux ils ont travaillé et s’ils ont jamais condamné des automobilistes pour le même délit."
De Telegraaf (populaire) : "Démission de juges ivres – Il est nécessaire d’intervenir en cas de prévarication", "Consternation à Almere – Un père tue ses filles de 3 et 7 ans puis se suicide"
de Volkskrant (centre gauche) : "Lourdes pertes pour les socialistes européens - Taux de participation plus faible que jamais – Les conservateurs obtiennent 100 sièges de plus – Les partis pro-européens restent majoritaires", "Des morts de l’Airbus repêchés", "Federer complète sa série de titres" (Roland Garros)
Trouw (chrétien progressiste) : "L’Europe opte pour la droite – Le SPD allemand doit redouter les prochaines élections pour le Bundestag", "Un camping pour les sans-abri à problèmes" (Amsterdam)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Coup dur pour les sociaux-démocrates – Nouveau creux de la vague : un taux de participation de 43 pour cent", "Drame familial : trois morts"
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"Les sociaux-démocrates sont les grands perdants des élections européennes", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "A l’instar du PVV de Geert Wilders, des partis nationalistes ont également progressé fortement dans quelques autres pays de l’UE. Le taux de participation a été le plus faible jamais enregistré aux élections européennes : 43 pour cent, 2 pour cent de moins qu’aux précédentes élections, en 2004."
"Les Travaillistes ont surtout essuyé un sévère revers en Grande-Bretagne, mais les sociaux-démocrates ont aussi perdu en Allemagne, en France, en Espagne et en Autriche. Selon les résultats provisoires, le Parti Socialiste français est resté à 17 pour cent, contre 28 pour cent pour l’UMP conservatrice du président Sarkozy. En Allemagne, le score était comparable."
"Selon des calculs provisoires du Parlement européen, les chrétiens-démocrates et les conservateurs, qui coopèrent au sein du Parti populaire européen (PPE) obtiendront 263 à 273 sièges sur les 736 que compte le Parlement. Les socialistes baissent fortement. Ils obtiendront 155 à 165 sièges. Les libéraux restent le troisième parti, avec 78 à 84 sièges. Les Verts progressent légèrement : de 43 à 52 à 56 sièges."
"Bien que le PPE se trouve renforcé par rapport aux socialistes, il y aura peu de changement dans la pratique. Les deux partis ont besoin l’un de l’autre pour former une majorité solide au Parlement européen."
"Les quatre partis pro-européens restent de loin majoritaires, mais les forces eurosceptiques et ultranationalistes progressent tout doucement. La victoire du PVV aux Pays-Bas en était un premier signal."
"La défaite de la gauche est une bonne nouvelle pour Barroso", titre le même Volkskrant au-dessus d’une analyse en page 5. "Ce résultat est encourageant pour le Portugais José Manuel Barroso, qui espère rester président de la Commission européenne, l’exécutif de l’UE. Au plus fort de la crise, il semblait devenir victime de l’implosion du secteur financier. Pendant des années, il avait prôné l’ouverture des marchés et l’assouplissement des règles." "Maintenant que le groupe parlementaire socialiste s’effrite, il est peu probable que les europarlementaires s’opposent aux chefs d’Etat et de gouvernement s’ils proposent de nouveau Barroso pour la présidence de la Commission."
"Les Pays-Bas ont donné le ton aux élections pour le Parlement européen", comment l’éditorialiste du journal de centre gauche. "Tout comme chez nous, les sociaux-démocrates sont les grands perdants dans le reste de l’Europe (à l’exception de la Grèce). "Les socialistes français et italiens ont aussi subi un échec cuisant. Inversement, les chrétiens-démocrates et les partis gouvernementaux conservateurs se sont en général bien maintenus. Des leaders comme le président français Sarkozy et la chancelière fédérale allemande Merkel ont beaucoup mieux su profiter du changement de climat politique que les sociaux-démocrates."
"Dans le climat actuel, fortement influencé par la crise du crédit, le néolibéralisme et le fondamentalisme de marché sont tombés en disgrâce." "Sarkozy, qui a été côte à côte avec le président américain Obama le week-end dernier, lors de la commémoration du Jour J, est le principal interprète du nouvel interventionnisme en Europe."
S’agissant du faible taux de participation, le journal fait valoir que "le chrétien-démocrate Van de Camp a mis dans le mille dimanche soir : le Parlement européen a été trop absent des débats". "Il est trop technocrate et manque de profil politique. Les différences au sein des grands groupes sont souvent plus grandes qu’entre les groupes eux-mêmes."
"Il n’y a pratiquement pas de personnalités qui frappent l’imagination ; le leader vert Daniel Cohn Bendit est l’exception à la règle. Pour le reste, Strasbourg demeure le domaine des retraités politiques et des jeunes talents qui s’échauffent pour les vraies tâches, dans la politique nationale."
ACTUALITÉ INTÉRIEURE
"La forte perte du PvdA aux élections européennes de la semaine dernière n’est pas due au passage massif de son électorat au PVV", note le Trouw (p.6). "Ses électeurs se sont surtout tournés vers les partis pro-européens D66 et GroenLinks."
"La croissance des voix du PVV provenait surtout du VVD, du CDA et du SP. Et une partie considérable de la base du SGP (10 pour cent) et du Parti des Animaux (17 pour cent) a décidé cette fois-ci de voter PVV. C’est ce qui ressort d’une enquête du bureau Synovate."
Selon le Volkskrant (p.3), le PVV envisage de participer aux prochaines élections municipales à Rotterdam, La Haye, Venlo et Den Helder. "Mais ce n’est pas encore certain, d’après Geert Wilders. ’Nous devons voir dans laquelle de ces quatre villes nous allons participer’, a-t-il déclaré samedi dans le quotidien De Telegraaf. ’Nous nous présenterons à Rotterdam si nous y trouvons de bons candidats. C’est notre unique critère. Sinon, nous nous tirerions dans le pied’."
"Le PVV, aux élections pour le Parlement européen de jeudi, est devenu le premier parti à Almere, Oss, Volendam, Bois-le-Duc, Hilversum, Heerlen, Venlo, Dordrecht, Rotterdam et La Haye. Mais il n’arrivera pas à préparer partout de bons candidats pour les élections locales du 3 mars 2010. A Venlo, les élections auront déjà lieu en novembre, à cause du regroupement avec Tegelen et Belfeld."
Selon le ministre PvdA Eberhard van der Laan (Intégration), l’afflux d’immigrées "matrimoniales" sans bonne formation frustre l’intégration de ces femmes aux Pays-Bas." "Je me demande si nous ne perdons pas notre investissement dans l’intégration sociale – qui est très difficile – si nous accueillons tant de nouvelles venues sans bonne formation", déclare M. Van der Laan dans une interview publiée par le Telegraaf de dimanche.
Beaucoup de Marocains font venir leur future épouse du Maroc, via la Belgique où les règles concernant le revenu et la formation sont moins strictes qu’aux Pays-Bas, rappelle le Telegraaf (p.3) ce matin (également de Volkskrant p.2).
LA FRANCE DANS LA PRESSE NÉERLANDAISE
L’ensemble de la presse fait mention des corps de passagers du vol AF447 retrouvés par la marine brésilienne.
La commémoration du débarquement allié en Normandie fait l’objet d’articles factuels, voire de simples photos (de Volkskrant p.1, Trouw p.8, AD p.12).
Le Volkskrant (p.4) publie par ailleurs un reportage sur les ruines d’Oradour-sur-Glane, signé Ariejan Korteweg.
A signaler :
Un bilan de cinq ans d’Air France-KLM dans les pages économiques du Volkskrant de samedi. "La fusion est une réussite jusqu’à présent. KLM, au sein du groupe Air France-KLM, a pris une position solide. L’aéroport de Schiphol s’est maintenu également et s’est même étendu. Et le nombre de pilotes de KLM a augmenté." "L’aéroport a pleinement profité de la fusion d’Air France avec KLM. ’Notre potentiel de marché s’est enrichi de 75 millions de Français’."