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Presse néerlandaise du vendredi 3 août 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Une maison de retraite médicalisée met les familles à contribution.

De Volkskrant (centre gauche) : Annan met fin à sa ‘mission impossible’ en Syrie.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : « Ca y est » [J.O. médaille d’or en natation].

De Telegraaf (populaire) : « Kromo d’or » [J.O. médaille d’or de la nageuse Ranomi Kromowidjojo].

Het Financieele Dagblad  : Draghi déçoit les investisseurs.

NRC-Handelsblad  : La population syrienne fuit la guerre et part vers les pays voisins.

* *

AFFAIRES EUROPEENNES

Conseil des gouverneurs de la BCE

A l’instar du Volkskrant, tous les grands quotidiens évoquent « des propos décevants de Mario Draghi ». « Lors de sa conférence de presse mensuelle, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi a tout de suite tempéré les grandes espérances qu’il avait éveillées lui-même. L’Espagne et l’Italie ne peuvent pas encore s’attendre à des actions rapides ». « L’espoir d’arriver à une issue rapide de la crise de l’euro s’est de nouveau évaporé hier. Les bourses se sont vite effondrées », remarque le Telegraaf en première page. « Après ses déclarations de la semaine dernière, selon lesquelles il ferait tout pour sauver l’euro, les investisseurs attendaient impatiemment la conférence de presse mensuelle de Mario Draghi. Mais il n’a pas été à la hauteur de ses promesses. A l’issue de la conférence de presse, les taux d’intérêts sur les obligations espagnoles et italiennes sont immédiatement montés », relève le Trouw. Selon Carsten Brzeski, économiste à la banque ING cité par le Financieele Dagblad, « Draghi a parlé trop vite la semaine dernière. La BCE a bel et bien fait un pas en avant mais la supposition que des moyens illimités seront mis en œuvre pour sauver l’euro est inexacte ». L’universitaire Sylvester Eijffinger pense, pour sa part, que le président de la BCE « a été rappelé à l’ordre par les partisans de la ligne dure au sein du Conseil, comme Jens Weidmann. Ceux-ci seraient d’avis que le rôle traditionnel de la BCE reste la lutte contre l’inflation ». Le quotidien financier remarque que « Bien que l’Allemagne soit le seul pays à être contre le rachat d’obligations, la réunion des gouverneurs de la BCE s’est avérée surtout un succès pour la Bundesbank. »

Débat parlementaire / crise de l’euro

Dans ce contexte, les médias rendent compte du débat des porte-paroles pour les questions financières des différents partis politiques avec le ministre des Finances, hier [RdP 2/8]. Le Volkskrant note que « Le ministre des Finances, Jan Kees de Jager, a exprimé, au nom du gouvernement néerlandais, son soutien total au maintien de la zone euro : ‘Avec tous les pays qui en font partie actuellement, si cela ne tient qu’à nous’. Le ministre a confirmé, suite à une remarque du député travailliste Ronald Plasterk, qu’il exprimait son soutien pour rassurer les marchés financiers. Toutefois, il souhaite que la pression sur des pays comme l’Espagne et la Grèce soit maintenue. Ces pays doivent réformer leur économie et mettre de l’ordre dans leurs finances. Pour De Jager, le maintien de la zone euro se trouve entre les mains de ces pays. Le ministre s’est montré réservé à propos d’un nouveau rachat par la BCE d’obligations des ‘pays à problèmes’ : ‘Il s’agit d’une méthode éprouvée qui ne pourra être utilisée qu’en cas de réformes et d’économies supplémentaires’. Le ministre a réagi de façon négative à l’idée de donner une licence bancaire au MES. Il estime que la tentation de faire marcher la planche à billets deviendrait trop grande et, qu’en plus, cela ne stimulerait pas les pays faibles à tout faire pour mettre en œuvre les changements nécessaires. Le Financieele Dagblad, pour sa part, fait l’inventaire des positions des différents partis. « Le VVD (libéraux) et le CDA (chrétiens-démocrates) soutiennent le ministre sans réserve. Selon le PVV (parti de Geert Wilders qui avait demandé le débat), l’euro est un échec. Le SP (social radical) n’a pas d’objections contre des financements monétaires par la BCE. Le PvdA (travaillistes), D66 (parti démocrate libéral) et GroenLinks (verts) sont en faveur d’un soutien inconditionnel à l’euro, à l’exception toutefois de la Grèce. Plasterk se demande s’il s’agit d’un ‘Etat normal’ qui pourra tenir ses promesses. De Jager ne veut pas spéculer sur l’avenir de la Grèce. Mais si, en septembre, le Fonds monétaire international retire sa confiance, cela pèsera lourd. »

ACTUALITE INTERIEURE

Campagne électorale

- Le président du PvdA, Hans Spekman, « ouvre l’offensive contre le SP » annonce à la une l’AD, en tête d’une interview dans laquelle M. Spekman met les lecteurs en garde contre une victoire du SP aux élections législatives : « Dans cette période difficile, nous ne pouvons pas nous permettre un gouvernement dirigé par le SP. Le chef de file du SP, Emile Roemer, est une menace pour notre économie ». Le SP ne pourra pas tenir ses promesses électorales, notamment en matière de retraites : « Il serait peut-être possible de maintenir temporairement l’âge de la retraite à 65 ans, mais au bout du compte, cela reviendra à obliger les Néerlandais à travailler jusqu’à 85 ans. (…) Sur les questions sociales, je partage souvent les positions de Roemer, mais il faut réaliser un équilibre entre l’argent qui entre dans les caisses et l’argent qui en sort. Le PvdA est capable de financer ses propositions ». Au Premier ministre libéral (VVD) Mark Rutte, M. Spekman reproche de « faire des économies pour le plaisir de faire des économies. La confiance des consommateurs a chuté et la croissance économique s’est effondrée ».

- Le PVV a ouvert un site dédié sur le thème des salaires des fonctionnaires européens (www.stopdeeuropesezakkenvull...), notent l’AD et le Volkskrant. « Geert Wilders prévoit de remettre les plaintes déposées sur ce site au Premier ministre Mark Rutte et au président européen Herman van Rompuy avant le sommet européen d’octobre. Wilders se déclare choqué par le montant des rémunérations à Bruxelles évoqué récemment dans un reportage de la télévision belge. Il estime que les Pays-Bas devraient cesser de payer leurs contributions à l’UE jusqu’à ce que celles-ci aient été ramenées à un niveau raisonnable ».

AFFAIRES ECONOMIQUES

Confiance

« Le pouvoir d’achat des Néerlandais est revenu au niveau de 1997 », constate Peter de Waard dans son billet du Volkskrant. « Est-ce que la situation était réellement mauvaise à l’époque ? En 1997, aux temps de la première coalition Violette [1994-1998, Pvda-VVD-D66], la position de la classe politique était solide. On ne connaissait pas encore Pim Fortuyn, ni Geert Wilders. Les cours de la bourse et les prix des maisons atteignaient des sommets. Dans un contexte optimiste de ‘Goldilocks economy’ (….) les Néerlandais n’acceptaient plus quelques pourcent d’intérêts sur leur épargne, ils se mettaient à acheter massivement des actions qui leur permettaient de réaliser des gains exponentiels grâce à l’effet de levier. 1997 n’était certainement pas une mauvaise année. De même, cette année, les Néerlandais partent encore en masse en vacances, ils achètent et vendent des maisons plus chères qu’en 1997 et ils se jettent sur les derniers gadgets électroniques. Le monde a même progressé : en Chine, en Inde et dans d’autres pays émergents, un milliard de personnes sont sorties de la pauvreté. La crise actuelle est surtout une affaire de sentiment. A l’époque, l’espoir et la confiance régnaient. Aujourd’hui, ce sont la peur et l’incertitude qui dominent. A l’époque, tout le monde savait que son argent était en sécurité à la banque et que sa retraite était assurée. La prospérité est plus une affaire de psychologie que d’économie ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

- Le Volkskrant relève que « Liliane Bettencourt vend une île privée ».
- Dans son cahier culturel, le Volkskrant consacre un grand article au festival de photos d’Arles (« Les rencontres photographiques d’Arles », jusqu’au 23 septembre).
- Le Telegraaf s’attend à une « vague de licenciements dans l’industrie automobile ».
- « Le topless est tabou à Paris » indique le Telegraaf dans un bref article consacré à la réglementation en vigueur pour Paris-plage et dans les parcs et espaces verts.

A SIGNALER

- L’AD annonce que grâce à des informations en provenance de Belgique, une tonne d’antibiotiques illégaux (virginiamycine) a été découverte dans le Brabant, probablement destinée à l’élevage, pour stimuler la croissance des animaux. (p.7)

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.
Compte Twitter de l’ambassade : www.twitter.com/FranceinNL. Site internet de l’ambassade : http://www.ambafrance-nl.org.

publié le 03.08.2012

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