Presse néerlandaise du mardi 11 janvier 2005

Les faits divers dominent la presse populaire. A Hoorn (Hollande du Nord), des cambrioleurs ont pillé le Westfries Museum dans la nuit de dimanche, emportant une vingtaine de toiles du XVIIe siècle et une quantité considérable d’argenterie. Ils avaient manifestement débranché le système d’alarme sophistiqué du musée.

Dans la nuit d’hier, une dalle de trottoir lancée du haut d’un viaduc a provoqué la mort
d’une automobiliste sur l’A4 près de Rijswijk (Hollande du Sud). 

  • NRC Handelsblad
    d’hier soir : "Mahmoud Abbas élu président de l’Autorité Palestinienne", "Une
    vague de dépressions à Aceh
    ", "La Caméra d’argent 2004 va à Rien Zilvold"
  • De Telegraaf  :
    "Les voleurs d’œuvres d’art débranchent l’alarme - Des millions d’euros de
    toiles dérobés à Hoorn
    ", "Une dalle de trottoir tue une automobiliste"
  • Algemeen Dagblad
     : "Appel au renforcement de la sécurité des viaducs", "Des cadres vides et dix
    millions d’euros de dommage pour le musée", "Le corps de Jeanny (18 ans)
    retrouvé dans la Meuse"
  • Trouw  :
    "L’approche de l’équipe d’identification des victimes de catastrophes
    deviendra standard" (reportage de Khao Lak), "Les premiers navires pour le Sri
    Lanka ont pris la mer"
  • de Volkskrant  :
    "Les PDG sont de plus en plus souvent payés en actions", "L’alarme du
    Westfries Museum a été débranchée", "Abbas ne peut pas faire de miracle - Un
    transfert ordonné à Gaza est la clé de l’amélioration des relations entre
    Israël et les Palestiniens"

 

* * *

Actualité internationale

Pays-Bas - Irak

Le Volkskrant consacre une de ses deux pages Forum à la question de
la présence militaire néerlandaise en Irak . Le journal de centre gauche
rappelle que le gouvernement Balkenende II a décidé que les fusiliers marins
néerlandais quitteraient l’Irak en mars, mais qu’ une majorité
favorable à la prolongation de la mission se dessine à la Deuxième Chambre
.

" Le VVD était déjà pour et le CDA commence à l’être ", souligne Rob de Wijk,
directeur de l’institut d’études stratégiques Clingendael
. "Cette discussion
fait apparaître la confusion politique à propos de la sécurité dans la province
d’Al Muthanna. Le ministre de la Défense Kamp pensait que la province était
sûre et le gouvernement a décidé de retirer les troupes. La Chambre n’a pas
réagi, elle n’est entrée en action que lorsque les Britanniques, sous le
commandement desquels est placé le détachement néerlandais, ont affirmé que les
autorités locales n’étaient pas encore en mesure de garantir la sécurité de la
région. Depuis, l’ambassadeur de Grande-Bretagne a fait beaucoup de lobbying
auprès de la Chambre, qui est maintenant divisée
. Manifestement, elle ne
croit pas le ministre de la Défense."

"Selon le scénario le plus optimiste, les Irakiens ne seront en mesure de
garantir plus ou moins la sécurité dans l’ensemble du pays que dans le courant
de 2006. Mais la formation de troupes de sécurité a pris du retard sur le
calendrier et tout porte à croire que ce retard croîtra plutôt qu’il ne
diminuera. C’est surtout dû à l’erreur capitale faite par les Américains après
l’intervention. L’action beaucoup trop dure des Américains a fait qu’ils ont
perdu le soutien initial de la population et que l’Irak est devenu un centre du
jihad international, et elle a encouragé le terrorisme intérieur
." "La
conséquence est que les Américains ont maintenant le choix entre un retrait
rapide suivi d’une guerre civile et le maintien de leur présence, avec une
résistance croissante."

" Al Muthanna, qui est en dehors du secteur américain, est une heureuse exception .
La province est relativement calme et les Irakiens doivent pouvoir y garantir
eux-mêmes la sécurité, prochainement." "Mais l’achèvement d’une force de
sécurité locale n’est possible que si l’on maintient la pression. Une
deadline
dure pour le retrait des troupes néerlandaises est essentielle.
Elle oblige toutes les parties à agir vraiment." " La flexibilité
néerlandaise, qui se traduit politiquement par les termes ’solidarité’,
’responsabilité’ et ’obligation morale’, encourage l’inactivité des véritables
responsables
." " Pas de marchandage, ni de souplesse, à moins qu’il n’y
ait vraiment des ’circonstances exceptionnelles’. Or il n’y en a pas et pourtant
la politique néerlandaise change de nouveau de position
."

"Il y a indubitablement un rapport avec la loyauté vis-à-vis des Etats-Unis et du
Royaume-Uni. Cette loyauté n’est pas mauvaise, en général, mais elle l’est dans
ce cas spécifique. Les motifs de l’invasion de l’Irak n’étaient pas valables,
c’est désormais suffisamment connu. La plupart des Néerlandais y étaient
opposés. Les sondages d’opinion l’avaient montré. Et ensuite les Américains en
ont fait une pagaille. Cela avait été prédit."

" Tout bien considéré, les Pays-Bas ont pris suffisamment de responsabilité dans une
crise dont ils ne sont pas responsables
", conclut Rob de Wijk.

" Le PvdA ne doit pas céder au chantage moral ", titre le journal de centre gauche
au-dessus d’une tribune de l’historien Thomas von der Dunk , qui compare
le processus décisionnel de la coalition à celui de l’ancien parti communiste
CPN. "Celui-ci avait pour conséquence que, lorsque Le Parti avait décidé quelque
chose, cette décision devait être propagée par tout le monde, y compris ceux qui
étaient initialement contre. La politique mésopotamienne de la coalition
actuelle repose sur la même méthode. Une fois que la majorité des députés -
lisez : le groupe CDA -, après une longue introspection, est favorable à la
prolongation, Verhagen veut que l’opposition le soit aussi, de peur que ’nos
gars’ ne se sentent abandonnés. Ainsi, suivant une méthode marxiste-léniniste
éprouvée, la responsabilité de la future division n’est pas imputée à ceux qui
ont pris une décision idiote, mais à ceux qui s’y opposent
."

"Le chantage moral de la coalition vise une fois de plus le principal parti
d’opposition, le PvdA. Soyez d’accord, maintenant que nous sommes d’accord, car
il est difficile de se battre quand la nation est divisée." " Le PvdA ne doit
pas céder à cette pression, mais juger cette mission militaire purement en
fonction de ses maigres mérites, et pas en fonction du risque de dépression
nerveuse politique chez les Verhagen
."

Le journal reprend aussi, en traduction, un article de William Pfaff ,
chroniqueur de l’International Herald Tribune, qui estime que "la vérité
sur l’Irak - aucun des responsables à Washington ne peut se permettre de le
reconnaître - est que la présence durable de troupes étrangères ne contribue pas
à la solution, mais forme le problème". "L’occupation crée la résistance. Le
retrait de la coalition est une condition nécessaire de la stabilité en Irak."

 

Autorité Palestinienne

" La confortable victoire de Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat et nouveau leader de l’Autorité Palestinienne, suscite l’espoir qu’après quatre ans de
combats, Israéliens et Palestiniens pourront retourner à la table de négociation
",
écrit le Trouw dans un commentaire éditorial. "Mahmoud Abbas a estimé dès
le début que ces violences étaient ’une erreur’. Ce qui ne signifie d’ailleurs
pas qu’il est prêt à faire de grandes concessions." "Une grande partie de son
peuple est lasse de se battre et veut reprendre les négociations."

" Avec l’élection d’Abbas, Sharon n’a plus l’excuse qu’il n’y a pas de partenaire de
négociation palestinien
. Le projet de retrait unilatéral israélien peut être
transformé maintenant en un premier accord entre Israéliens et Palestiniens."

" Le monde peut et doit aider Abbas à réussir sa présidence ", remarque le NRC Handelsblad d’hier soir. " Le règlement du conflit israélo-palestinien est une affaire qui dépasse de loin la région . Les pays arabes qui, poliment, souhaitent
toujours beaucoup de succès aux Palestiniens mais n’en font pas plus, ne peuvent
pas demeurer en reste non plus. Ce n’est pas tous les jours qu’une nouvelle ère
s’ouvre."

 

Actualité intérieure

Partis politiques

" L’augmentation du nombre de membres des partis politiques s’est arrêtée l’an dernier ", annonce le Trouw à la une. " Leur nombre a diminué de plus de 7 000 pour descendre à 303 942 , surtout par suite de la défection de membres du
CDA (- 3 900) et du VVD ( -2 200).

Le CDA reste cependant le premier parti des Pays-Bas, avec 73 000 membres. Le PvdA, qui a perdu 800 membres l’an dernier, est deuxième avec plus de 61 000 inscrits. Grâce à une augmentation de 900, le parti socialiste radical SP est en troisième position (44 300 membres). Il a dépassé le VVD, qui comptait 41 860 membres fin 2004. Le D66 comptait 12 800 membres (- 680) et la ChristenUnie 24 200 (- 650).

Le petit parti protestant SGP (presque 25 900) a progressé de 200 membres, de même que GroenLinks (20 790).

Le Documentatiecentrum voor Nederlandse Politieke Partijen (DNPP) de Groningue, qui a publié ces chiffres hier, ne dispose pas de données sur la LPF. Le
pourcentage d’électeurs membres d’un parti représenté à la Deuxième Chambre est
actuellement de 2,5 pour cent, l’un des plus faibles d’Europe
(également NRC Handelsblad d’hier soir à la une, de Volkskrant p.3).

 

Remkes

L’ensemble de la presse relève que l’Association des Communes Néerlandaises (VNG) accuse le ministre de l’Intérieur Remkes de négligence dans la question du "Zalmsnip" , une déduction fiscale locale de 100 florins (actuellement 45,38 euros) par an accordée par le ministre des Finances Zalm, avant l’introduction de l’euro, et
supprimée à compter du 1er janvier 2005. La loi portant suppression de cette
déduction n’étant pas prête à temps, les communes se voient contraintes de
modifier d’urgence leur réglementation, pour éviter d’être obligées de déduire
la somme en question des taxes locales qu’elles vont déterminer très
prochainement.

La VNG a adressé une lettre de protestation à Remkes, lundi. Il est en effet apparu
qu’elles ne peuvent pas répercuter la restitution du Zalmsnip sur l’Etat ( Trouw
p.2, de Volkskrant p.3, Algemeen Dagblad p.7, De Telegraaf
p.7).

 

Coopération

" S’il ne tient qu’au VVD, le ministère de la Coopération sera supprimé ", relève le
Telegraaf à la une. "Le député VVD Zsolt Szabo estime qu’aucun ministre
de la Coopération ’n’a obtenu quoi que ce soit s’agissant du développement
durable de l’Afrique’, à ce jour. En outre, d’autres ministères sont beaucoup
mieux équipés pour donner forme au développement, selon lui. ’Il vaut mieux
confier d’importants thèmes comme le développement économique et la stabilité
aux ministères des Affaires économiques, de l’Intérieur et de la Défense. L’aide
peut être organisée tout aussi efficacement par le biais des Nations Unies, de
la Croix Rouge ou de Médecins sans frontières. Et pour les négociations de paix,
nous avons un ministre des Affaires étrangères."

 

Economie, Finances

Perception du travail

"Les Néerlandais ne tirent guère de satisfaction de leur travail", note le Trouw
(p.2). "A la question ’qu’aimez-vous dans votre emploi ?’ un tiers des personnes
interrogées répond ’rien’. Les salariés qui sont satisfaits jugent surtout
agréables le défi que constitue leur travail (27 pour cent) et leurs collègues
(22 pour cent). Assez étonnamment, le salaire est considéré comme le moins
intéressant (18 pour cent). C’est ce qui ressort d’un sondage effectué par
Monsterboard.nl auprès de 3 000 personnes."

"Marc de Vries, directeur de Monsterboard.nl, discerne un rapport entre
l’insatisfaction et le malaise économique : ’Les salariés mécontents qui,
normalement, chercheraient un autre emploi restent maintenant à leur poste. Cela
ressort aussi de la forte baisse, à partir de 2001, du nombre de changements
d’emploi. Heureusement, la hausse du nombre de postes vacants montre que le
marché du travail reprend’."

 

Affaires françaises  

Le Telegraaf (p.13) note que le nombre de morts et de blessés de la
circulation a baissé en 2004, selon le premier ministre Raffarin dans son
allocution du Nouvel An.

Dernière modification : 08/12/2015

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