Politique extérieure

Dans un contexte de réduction drastique des dépenses publiques et de réduction du réseau diplomatique, le gouvernement Rutte a engagé un recentrage de la politique étrangère des Pays-Bas sur les intérêts économiques du pays. Tournés vers le monde anglophone et résolument atlantistes, les Pays-Bas entretiennent des liens privilégiés avec les États-Unis tout en développement une relation commerciale substantielle avec la Russie et la Chine. Les Pays-Bas ne cachent pas leur sympathie pour Israël et se démarquent parfois du consensus européen, bien qu’une inflexion de la position néerlandaise se soit produite depuis l’entrée en fonction du gouvernement Rutte II et son ministre des Affaires étrangères, M.Timmermans. Soumis à des réductions budgétaires importantes, le réseau diplomatique néerlandais est en cours de reconfiguration (fermeture de consulats et multiplication des initiatives de colocation avec les Belges, les Luxembourgeois et les Allemands).

Les Pays-Bas sont traditionnellement très actifs en matière d’aide publique au développement et de défense des droits de l’Homme. Attachés au système de l’ONU et au multilatéralisme, les Pays-Bas désirent voir les organisations internationales qu’ils financent faire preuve de davantage d’efficacité. En 2014, l’APD des Pays-Bas a représenté 0,64% de son PIB.

En matière de sécurité et de maintien de la paix, les Pays-Bas ont contribué aux forces déployées dans les Balkans (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine) mais le drame de Srebrenica en 1995 a durablement marqué les décideurs politiques et l’opinion, plus réticents à participer à d’autres opérations extérieures. Les Pays-Bas ont cependant participé à la force de stabilisation en Irak jusqu’en mars 2005 (1.400 hommes). Après le retrait de ces troupes, près de 2.000 hommes ont été réengagés en Afghanistan dans le cadre de la FIAS mais les Pays-Bas ont rendu leur commandement en Orouzgan au 1er août 2010, devenant ainsi le premier allié à quitter l’Afghanistan. La mission de formation de police (545 personnels toutes composantes comprises) déployée fin 2011 et qui devait théoriquement prendre fin en 2014 a commencé à se retirer à l’été 2013. Les Pays-Bas participeront à la mission de l’OTAN « Resolute Support » avec une centaine d’hommes qui seront stationnés sur une base militaire allemande à Mazar-e-Sharif, dans le nord du pays.

Témoignant d’un intérêt renouvelé pour le continent africain, particulièrement pour la région sahélienne, les Pays-Bas ont apporté leur soutien à l’opération Serval, en permettant l’emploi de l’ensemble de la flotte néerlandaise de transport stratégique placée sous le contrôle opérationnel de l’EATC (quatre C-130, deux KDC-10 et un DC-10) ainsi qu’à EUTM Mali, à la Minusma (près de 500 militaires) et à EUFOR RCA. Le gouvernement néerlandais a décidé en juin dernier de prolonger l’engagement néerlandais au sein de la MINUSMA jusqu’au 1er juillet 2016. Deux militaires néerlandais participent à EUMAM RCA et la participation néerlandaise à EUTM Somalie (15 militaires) a été prolongée jusqu’à la fin de 2016. Les Pays-Bas sont en outre, les quatrièmes contributeurs (après l’UE, la France et l’Allemagne) au fonds fiduciaire pour la stabilisation et la reconstruction en RCA Bekou, lancé le 14 juillet dernier. Ils participent également à la coalition internationale contre Daech avec huit avions F-16 opérant en Irak (mais pas en Syrie) et l’affectation de 130 hommes à la formation de l’encadrement militaire irakien et kurde.

Le Conseil des ministres néerlandais a décidé le 19 juin de prolonger l’engagement des forces néerlandaises en Irak jusqu’en octobre 2016 tout en réduisant le détachement de F-16 à quatre appareils plus deux en réserve contre six plus deux précédemment. Les avions belges, qui ont été retirés à la fin du mois de juin, pourraient prendre le relais des appareils néerlandais à l’été 2016. L’éventuelle participation des avions néerlandais aux frappes en Syrie continue à faire débat aux Pays-Bas (la ministre de la Défense libérale, MmeHennis Plasschaert, y serait favorable, contrairement au ministre travailliste des Affaires étrangères, M.Koenders).

A la suite de l’accident du vol MH17 en Ukraine, dans lequel ont péri 193 Néerlandais (deuxième catastrophe aérienne la plus grave de l’histoire du pays), les Pays-Bas se trouvent à la tête de l’enquête internationale sur le crash. En juillet dernier, la Russie a, lors du vote au Conseil de sécurité de l’ONU, opposé son veto à la création d’un tribunal spécial chargé de juger les responsables du crash, demandée par les Pays-Bas, la Malaisie, l’Australie, la Belgique et l’Ukraine. Ce dossier a des conséquences dommageables sur les relations entre les Pays-Bas et la Russie.

Depuis l’établissement aux Pays-Bas de la CODIP (Conférence de La Haye de droit international privé) en 1893, la capitale administrative néerlandaise a accueilli des institutions judiciaires et juridiques toujours plus nombreuses, notamment la Cour Permanente d’Arbitrage (institution la plus ancienne pour les règlements internationaux, qui a célébré son centenaire en 1999), la Cour Internationale de Justice (CIJ), le Tribunal Pénal International pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY), les Tribunaux spéciaux pour le Liban (TSL) et pour la Sierra-Leone (TSSL). La Haye héberge aussi l’Académie de droit international, l’Institut pour l’internationalisation du droit, l’Institut Grotius, l’Institut Asser, l’Institut pour l’internationalisation du droit. La Haye est le siège de la Cour Pénale Internationale, inaugurée le 11 mars 2003. En positionnant La Haye comme « capitale internationale du droit », les Pays-Bas cultivent leur image de pays en pointe en matière de justice internationale.

Par ailleurs, La Haye est le siège de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques), prix Nobel de la paix 2013. La ville accueille également les Offices européen et Benelux des brevets, l’Agence spatiale européenne (ESA), certains services de l’Office international des migrations (OIM) et de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) ainsi que plusieurs ONG internationales.

Coopération au sein du Benelux

Identifiée comme l’une des priorités de la diplomatie néerlandaise, cette coopération pragmatique permet aux trois pays, en unissant leurs voix, de renforcer leur influence, notamment sur la scène européenne. Une déclaration des trois pays le 18 avril 2012 a formalisé le renforcement de la coopération militaire entre les trois pays. Au-delà des intérêts objectifs des trois pays à une mise en commun de leurs ressources, il s’agit avant toute chose d’un renforcement bilatéral entre la Belgique et les Pays-Bas, le Luxembourg ne disposant que de faibles capacités.

Le 21 février 2014, les trois ministres des Affaires étrangères ont signé à La Haye un nouveau traité sur la coopération transfrontalière entre les trois pays et adopté le plan d’action 2014 du Benelux qui met l’accent sur les thématiques de la mobilité professionnelle transfrontalière, de la logistique et des transports et de la lutte contre la fraude. Ce nouveau traité, qui renouvelle des procédures existant depuis 1986 et offre un cadre juridique renforcé à la coopération transfrontalière, ouvre la porte à des coopérations avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Dernière modification : 14/01/2016

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