Géographie de la France [nl]

La France est le plus étendu des États européens, avec une superficie de 551 500 km² . Elle compte 66,3 millions d’habitants (au 1er janvier 2015).

L’hexagone français

Le territoire de la France a la forme d’un hexagone. Il a été constitué depuis le Moyen Âge, sur une durée d’au moins un millénaire, par la volonté obstinée et unificatrice des rois puis de la République. Équilibré, l’hexagone s’ouvre sur trois grandes façades maritimes et est limité par trois frontières terrestres. Il a acquis ses dimensions actuelles à l’issue des guerres franco-allemandes du XIXe et du XXe siècle.

Au sud, la frontière avec l’Espagne est constituée par la chaîne des Pyrénées qui culmine à 3 404 mètres au pic d’Aneto. À l’est, les Alpes et le Jura ferment les frontières avec l’Italie et la Suisse, tandis que le Rhin moyen sépare la France de l’Allemagne. Ce sont là des frontières "naturelles", longtemps étanches, et qui posent maintenant de sérieux problèmes de franchissement, par des cols, des ponts, des tunnels routiers et ferroviaires, compte tenu de l’augmentation des trafics européens. Les Pyrénées, les Alpes et le Jura confèrent à la France une dimension montagnarde qu’elle partage avec les pays voisins. Les Alpes françaises du nord constituent le plus vaste domaine skiable d’Europe et se trouvent à l’origine de la plupart des sports de montagne. Le mont Blanc, plus haut sommet d’Europe, culmine à 4 807 mètres.

Au nord, la frontière avec l’Allemagne, le Luxembourg et la Belgique est au contraire beaucoup plus ouverte. Elle recoupe le massif ancien des Ardennes, aux altitudes modestes, et la grande plaine de l’Europe du nord. Ce fut longtemps la frontière des conflits, des batailles et des invasions. C’est maintenant, sur plusieurs points, le lieu d’une intense activité transfrontalière entre la région de Lille et la Belgique, entre la Lorraine, le Luxembourg et la Sarre. Mais d’autres régions transfrontalières, stimulées par les accords européens, se dessinent ailleurs, sur le Rhin moyen entre l’Alsace et le Bade-Wurtemberg, autour de Bâle-Mulhouse et de Genève, dans la région de Nice, en Catalogne et au Pays basque.

La France a le privilège exceptionnel de s’ouvrir sur trois façades maritimes, si ce n’est quatre. Au sud, elle est méditerranéenne, avec un littoral très ensoleillé, des côtes escarpées et pittoresques en Provence et sur la Côte d’Azur, de longues plages de sable dans le Languedoc. Au sud-ouest, elle est atlantique, sous un climat plus humide, mais doux et lumineux, des littoraux le plus souvent constitués de plages sableuses bordées de marais ou de dunes. Au nord-ouest, elle s’ouvre sur la Manche et la mer du Nord, le "Channel" maritime le plus fréquenté de la planète, entre l’Atlantique et les grands ports belges, néerlandais, britanniques et allemands de la mer du Nord. La France dispose de deux ensembles portuaires de dimension européenne, Le Havre et Rouen sur la basse vallée de la Seine, et Marseille sur la Méditerranée au débouché de la vallée du Rhône. Elle n’a cependant jamais été et est moins que jamais une grande puissance maritime, comme elle pourrait l’être. L’activité principale des côtes françaises est maintenant le tourisme, développé partout, de la mer du Nord à la Méditerranée. La qualité des littoraux contribue à faire de la France, avec ses massifs montagneux, ses campagnes et ses villes historiques, le premier pays d’accueil touristique de l’Europe et du monde.

Un carrefour européen

Le territoire français est établi sur l’isthme un peu renflé qui, à l’ouest de l’Europe, sépare la Méditerranée de la Manche et de l’Atlantique et permet de relier la péninsule Ibérique au reste du continent. Dans ce cadre, le bassin de Paris a joué et joue toujours un rôle déterminant par la facilité des communications, en toute période de l’histoire, par son étendue, par la qualité agricole de ses sols et par la convergence hydrographique autour des deux grands fleuves, la Seine et la Loire. C’est ici le berceau de la nation française, le domaine des rois à partir duquel les autres provinces ont été agglomérées, la région capitale de la République. Il est dominé par Paris, une des plus grandes villes et des plus importantes régions urbaines de l’Europe et du monde : 2 241 346 habitants résident à Paris, 12 005 077 en Île-de-France (2014). Il faut ajouter les villes de la périphérie du bassin, Caen, Rouen, Le Havre, Amiens, Reims, Orléans, Tours& Ce réseau urbain, fortement dominé par Paris, se trouve renforcé par l’intensité des trafics européens qui y passent, entre le Royaume-Uni, le Benelux, l’Allemagne, et, plus loin vers le sud, l’Italie et la péninsule Ibérique.

Deux grands axes de circulation complètent ce dispositif qui fait du territoire français un des plus importants carrefours de l’ouest de l’Europe, en tout cas le plus vaste et le plus incontournable par les trafics internationaux. À l’est, le grand axe nord-sud des vallées du Rhin et de la Moselle, de la Saône et du Rhône, assez discontinu mais bien relié maintenant par les autoroutes et les lignes de trains à grande vitesse (TGV), est jalonné de très grandes villes : Metz, Nancy, Strasbourg, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Marseille. Au sud, le littoral de la Méditerranée, prolongé par la vallée de la Garonne et le bassin d’Aquitaine, joue un rôle semblable avec des cités comme Nice, Marseille, Montpellier, Toulouse, Bordeaux. Plutôt que les anciens bassins industriels fondés sur le charbon, l’acier et le textile, comme la Lorraine et le Nord-Pas-de-Calais, ce sont maintenant ces villes et ces métropoles, ainsi que la région parisienne, qui concentrent la population et accumulent les richesses de l’industrie et des activités tertiaires. Trois grandes agglomérations ont ainsi une population de l’ordre d’un million d’habitants : Lille-Roubaix-Tourcoing, au contact de la Belgique et de l’Angleterre ; Lyon, le plus important carrefour de communication et d’initiative économique après Paris, à proximité de la Suisse et de l’Italie ; Aix-Marseille, la porte de la Méditerranée.

À l’ouest du territoire, sur le Massif armoricain et ses bordures, et surtout au centre, dans le Massif central et ses abords, l’isolement est plus grand et les villes importantes sont moins nombreuses : Rennes, Brest, Poitiers ou Nantes, Limoges ou Clermont-Ferrand. C’est là que l’emprise rurale demeure la plus forte ainsi qu- un réseau plus ou moins dense de villes petites et moyennes.

La variété, l’unité et le centralisme

Entre toutes ces composantes, la France apparaît comme un territoire d’une étonnante variété. Les Français en cultivent les plaisirs. On les raille volontiers, et on les envie, pour la diversité de leurs fromages, de leurs vins, de leurs coutumes culinaires.
Ils restent aussi très attachés à leurs communes, bases de l’administration territoriale de la République, avec les départements et les régions. Au nombre d’un peu plus de 36 000, les communes françaises constituent un édifice unique en Europe et dans le monde par son extraordinaire dispersion. D’une dimension plus raisonnable, les 22 régions métropolitaines et les 100 départements n’en sont pas moins d’une taille généralement inférieure à celle de leurs homologues étrangers.

La variété du territoire français, au croisement de l’histoire et de la géographie, est à la mesure du quadrillage administratif. Variété des climats, entre le méditerranéen et l’océanique, entre le maritime et le continental. Variété des reliefs, des grandes plaines du centre du bassin de Paris aux cimes des Alpes ou des Pyrénées, des moutonnements de montagne moyenne du Massif central ou des Vosges aux grandes vallées du Rhône ou de la Loire. Variété des rattachements au territoire français, depuis l’Île-de-France, cœur du pays depuis les premiers rois capétiens, jusqu’à la Savoie, le comté de Nice, l’Alsace et la Lorraine, disputés à d’autres jusqu’au XIXe et au XXe siècles. Variété des langues d’origine, des dialectes et des coutumes. Variété des villes, la plupart d’histoire très ancienne. Variété des régions et des pays. Cette mosaïque territoriale prolonge ce que fut longtemps la France : rurale, paysanne, enracinée dans des traditions multiséculaires, riche (ou pauvre) d’une polyculture à composantes variées et dont les trois piliers restent un système céréalier à très forte productivité qui prévaut dans le bassin de Paris, une tradition d’élevage toujours vivace dans l’ouest et le Massif central, une version méditerranéenne base de viticulture, d’arboriculture fruitière et de production de légumes. D’où la diversité et la beauté des paysages, entre plaine et bocage, entre forêts, garrigues, coteaux viticoles et périmètres irrigués. D’où une place de premier choix dans l’agriculture européenne, notamment pour les céréales, la production bovine, les produits laitiers, le vin, les fruits et légumes& Pour faire bonne mesure, il convient d’ajouter une touche tropicale avec les îles des Caraïbes, de l’océan Indien et du Pacifique.

Le paradoxe, à moins qu’il ne s’agisse d’une complémentarité, est que cette mosaïque ait donné naissance à l’État et au territoire les plus centralisés d’Europe, et parmi les plus centralisés du monde. L’État, relayé par les départements et les communes, affirme l’unité de la République, partout présente par les services publics, et particulièrement par l’école. L’expansion industrielle du XIXe au XXe siècle et le déploiement du réseau de transport, la carte universitaire et des grandes écoles, à l’origine très concentrée sur Paris, l’implantation d’un capitalisme le plus souvent appuyé sur l’État et sur de grandes sociétés nationales, ont contribué à modeler un territoire très centralisé où s’opposent Paris et la province, et, au sein de celle-ci, des régions très dynamiques comme Rhône-Alpes ou d’autres, beaucoup moins favorisées, comme l’Auvergne ou le Limousin. L’expression principale de ce cumul des concentrations reste le réseau des transports où les chemins de fer ont reproduit le dessin en étoile des vieilles routes royales, et maintenant les lignes aériennes et les TGV celui des chemins de fer du XIXe siècle. Tout converge vers Paris. Tout procède de Paris. Certes, une politique très volontaire d’aménagement du territoire, résolument engagée depuis la Seconde Guerre mondiale, a très fortement corrigé cette tendance, de même que les lois de décentralisation de 1982. Le territoire français reste néanmoins marqué par la centralisation, jadis celle de la production industrielle et des principaux services, maintenant celle des décisions, des services les plus nobles, de la mode, de l’art et de la culture.

Trois visages de la France

La France contemporaine, après la crise qui a profondément affecté les régions agricoles et industrielles, peut s’apprécier selon trois grands types de paysages, sous une uniformité apparente que lui accorde une densité moyenne de 112 habitants par km² , sensiblement inférieure à celle de presque tous les pays voisins.

Paris et l’Île-de-France restent uniques en leur genre. C’est, de plus en plus, une vaste région urbaine qui déborde des limites de l’Île-de-France et qui n’a que le grand Londres comme équivalent en Europe. Plus de 11 millions d’habitants y résident et y travaillent. Elle reste, et de très loin, la première région française dans presque tous les domaines. Malgré les efforts du gouvernement en sens contraire, les plus forts investissements publics doivent toujours y être consentis. Paris, capitale prestigieuse, est une ville de rayonnement mondial en tous domaines, plutôt plus il est vrai dans l’ordre politique, touristique, artistique ou culturel que dans la sphère économique. La population de Paris et de l’Île-de-France a pratiquement cessé de croître, mais les "franges" parisiennes s’étendent maintenant aux régions voisines. Paris et sa banlieue sont le "melting pot" le plus important de France.

La France des aires métropolitaines, réparties dans presque toutes les régions, est actuellement celle dont la population s’accroît le plus, à la mesure de leur dynamisme économique.

Des régions restent très marquées par la crise industrielle des années 70 et 80, telles que la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, la Haute-Normandie. De vieux centres industriels comme Saint-Etienne, Le Havre ou Montbéliard sont en déclin démographique. Ce sont plutôt des exceptions. Presque partout, le développement des services et quelques réussites industrielles entraînent la croissance urbaine. Ainsi se dessinent de nouvelles périphéries et de nouvelles campagnes revivifiées par l’influence directe de villes proches. Presque toutes les régions françaises sont concernées par ce phénomène de "métropolisation" de l’espace, aussi bien autour d’agglomérations de 200 000 habitants comme Caen, Le Mans ou Angers dans l’ouest, que dans des métropoles plus importantes de l’est ou du sud du pays, comme Grenoble, Montpellier ou Bordeaux. Les accroissements les plus nets s’observent là où les métropoles sont portées par les plus grandes réussites économiques, par exemple le bi-pôle Nantes-Saint-Nazaire sur l’estuaire de la Loire, principale métropole industrielle et de services dans l’ouest, ou Toulouse, ville européenne de l’aéronautique.

Dans les interstices de ces aires métropolitaines, subsiste une France purement rurale, seulement animée par de petites villes, souvent charmantes. L’agriculture, dans des exploitations familiales à faible productivité, laisse de plus en plus place à la friche ou à la reforestation. La population décroît, aussi bien par dénatalité que par émigration, celle-ci étant parvenue presque au terme de ses possibilités. Les densités tombent au-dessous de 20 habitants par km² .Après la désindustrialisation et le départ des paysans, les services publics sont en question. Le tourisme, hebdomadaire ou estival, devient la principale activité économique. Toutes les régions françaises, sur leurs marges, se trouvent affectées par ce phénomène, mais plus particulièrement celles du centre, depuis le sud de la Lorraine jusqu’aux Pyrénées, en passant par l’Auvergne et le Limousin. C’est "la France du vide", mais aussi une inestimable réserve d’histoire, de nature et de culture, un patrimoine toujours vivant et qui séduit encore, un lieu de mémoire et de silence.

La diversité extrême des territoires en France est à l’image de celle de l’Europe, mais avec des accents plus contrastés encore. "Vieux pays", écrivait le général de Gaulle, vieux par l’histoire millénaire, par la stratification des usages et des traditions, par le vieillissement de la population. Celui-ci reste cependant moins prononcé que dans le reste de l’Europe. De même l’affaiblissement de l’équilibre entre naissances et décès est moins net et le solde reste positif. La France est aussi terre d’accueil, comme elle l’a été tout au long de son histoire, absorbant les vagues successives de grandes invasions ou d’immigrations venues du sud et de l’est de l’Europe, maintenant du Maghreb, de l’Afrique et des îles tropicales. La France des métropoles s’est maintenant substituée à celle des vieux pays ruraux et des petites villes. Plus des trois quarts de la population française vit dans des villes, et plus encore dans l’orbite d’une grande ville. Ici se trouve la nouvelle "France profonde", dans une unité nationale très affirmée et une extrême diversité des territoires et des hommes.

La France métropolitaine

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Dernière modification : 04/08/2015

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