Espace Schengen : lettre conjointe de MM. Sarkozy et Berlusconi adressée à MM. Van Rompuy et Barroso (Rome, 26 avril 2011) [nl]

Sommet franco-italien : lettre commune du président de la république,
Nicolas Sarkozy, et du président du conseil des ministres de la république italienne, Silvio Berlusconi, adressée au président du conseil européen, Herman von Rompuy, et au président de la commission européenne, José Manuel Barroso (Rome, 26 avril 2011)

Monsieur le Président,

Depuis quelques mois, les pressions aux frontières extérieures communes entraînent des conséquences pour l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. La situation migratoire en Méditerranée pourrait rapidement se transformer en une véritable crise qui affecterait la confiance que peuvent avoir nos concitoyens dans la libre circulation de l’espace Schengen. Or cette libre circulation est un acquis majeur de la construction européenne que nos deux pays veulent absolument préserver.

Les travaux déjà engagés doivent se concrétiser et être amplifiés rapidement. Des mesures nouvelles apparaissent également indispensables. Le Conseil européen de juin doit donner l’impulsion politique permettant de dépasser les obstacles pour prendre des décisions concrètes en réponse aux difficultés actuelles. L’Union européenne doit en effet d’une part redéfinir sa relation avec les pays tiers, et notamment ceux du Sud de la Méditerranée, et d’autre part profondément rénover ses règles internes en ce domaine.

I. Un nouveau partenariat avec les pays tiers

Nous avons la conviction que la principale priorité pour l’Union européenne est de trouver très rapidement un accord global avec ses voisins du Sud de la Méditerranée. L’Union doit apporter un soutien important, et s’il le faut massif, à ces pays, en priorité à ceux qui ont choisi la voie de la démocratie. En contrepartie, nous sommes en droit d’attendre des pays partenaires qu’ils s’engagent dans une coopération rapide et efficace avec l’Union européenne et ses Etats membres dans la lutte contre l’immigration illégale. Cette coopération doit porter sur la gestion de leurs frontières, avec un rôle possible de Frontex pour aider ces pays à lutter contre les départs illégaux et avec une aide européenne pour les accompagner dans leur lutte contre les filières criminelles. Elle doit aussi concerner les réadmissions des migrants clandestins.

Lire la suite :

Lettre de MM.Sarkozy et Berlusconi adressée à MM. Van Rompuy et Barroso


Schengen : démarche franco-italienne sur les questions migratoires - déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères et européennes (Paris, 2 mai 2011)

Le président de la Commission vient de répondre à la lettre conjointe que le président de la République et le président du Conseil italien lui avaient adressée depuis Rome, le 26 avril, au sujet des questions migratoires en Méditerranée.

Le président Barroso salue la démarche franco-italienne comme une contribution importante aux débats qui sont en cours sur ces questions et qui seront traités par les chefs d’État et de gouvernement eux-mêmes, au prochain Conseil européen, fin juin.

Cette réponse du président de la Commission constitue un développement que nous jugeons positif. Elle souligne ainsi la convergence de vues de cette institution avec les propositions franco-italiennes.

Annonçant aussi la communication qu’adoptera le collège des Commissaires, ce mercredi 4 mai, José-Manuel Barroso insiste, dans son courrier, sur un partenariat renforcé avec les pays de la rive Sud de la Méditerranée pour contenir la pression migratoire, le soutien européen décisif à la reconstruction économique de ces pays ne pouvant se concevoir sans une action déterminée de ces mêmes pays pour prévenir l’émigration irrégulière et pour réadmettre les migrants illégaux.

La Commission propose également la refonte du régime européen d’asile et, surtout, un sensible rehaussement des capacités et des moyens d’action de l’agence Frontex.

Enfin, elle considère que, dans le cadre du nécessaire renforcement de la gouvernance du système Schengen, le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières peut, lorsque les conditions en sont réunies, contribuer à répondre aux problèmes sur tous ces points./.

Dernière modification : 02/05/2011

Haut de page